Remonter au Vieux-Port de Montréal
et à l'entrée du canal de Lachine
par Joseph Soltész, juin 2005

Avec un dériveur léger lesté à
l’eau muni d’un moteur de 6CV seulement, nous quittons la marina de Longueil.
Pendant que les puissants cruisers se moquent du courant, un ketch, au centre du
Fleuve, lutte contre lui. En restant collé contre l’île Sainte-Hélène, nous
sommes sous le pont Jacques-Cartier alors qu’il en découd toujours contre les
flots. Quand nous réussissons à traverser bien en amont de la Tour de l’Horloge,
il fait demi-tour sans même être passé sous le pont!
Moins de trois milles séparent la
marina de Longueil de l’entrée du canal de Lachine. Comme le courant
Sainte-Marie fait 6 nœuds, on a le choix : à moins d’avoir un moteur puissant et
une coque qui déjauge, on peut effectuer le trajet en moins d’une heure ou
plusieurs!
Dès le départ, et même sous le
pont, il ne faut pas se placer au centre du Fleuve, mais rester collé autant que
possible près de l’île Sainte-Hélène.

Pour passer le pont, il ne faut pas
hésiter à rester près de la pile est, et même à passer entre elle et la terre
ferme : en principe, il y a assez d’eau.
Passé le pont, il ne faut surtout
pas rester dans le courant Sainte-Marie. Contre 6 nœuds, une coque à déplacement
avancera à pas de tortues ou pas du tout.
Il faut infléchir sa route et
serrer la berge de l’île sainte-Hélène. Si une navette vient à passer, elle
indiquera la voie. Sinon, il faut viser leur quai, bien visible avec son petit
kiosque.
Stabile de Calder: Tant qu’on n’est pas par le travers du stabile de
Calder, AUCUN DANGER. Mais juste en amont, il y a un petit haut-fond
découvrant à l’étiage: surveiller le sondeur.


Le Stabile de Calder et la Tour de l'Horloge
À cause du courant Sainte-Marie,
essayer de se rendre directement dans le bassin du Vieux-Port, vous en fera
rater l’entrée : vous vous retrouverez sous la tour de l’Horloge.

Si on vise l’entrée directement
(flèche verte), à cause du courant qui déporte, on effectuera en fait la route
rouge et on risque de tutoyer disgracieusement la bouée verte qui arrive bien
vite.
En fait, il faut viser l’extrémité
ouest du Pont de la Concorde (route noire) pour avoir une chance de se retrouver
dans le gigantesque contre-courant remontant qui caractérise l’entrée du Bassin.
Étant donné la vitesse du courant qui déporte à la vitesse de l’éclair dans une
navigation transversale, une vigie sur la bouée verte constitue une mesure de
prudence essentielle.
Une fois dans le vigoureux
contre-courant, l’affaire est dans la poche. Dommage qu’il n’y ait que les
coûteux pontons de la Marina du Vieux-Port et qu’il soit interdit de s’accoster
sur les premiers musoirs du Canal de Lachine. À moins d’être millionnaires, les
voiliers ne peuvent que faire quelques tours – très agréables, avec une vue
superbe sur le Vieux-Montréal -, mais pas s’arrêter dans des conditions
raisonnables…
Un petit trajet avec quelques beaux
défis et énormément de plaisirs!
N. B. Tout plaisancier doit prendre
les mesures voulues selon les conditions (tirant d’eau, hauteur de l’eau, météo,
etc.) pour effectuer une navigation sécuritaire. La présente capsule ne donne
que des conseils généraux. L’auteur et Voile Abordable déclinent toute
responsabilité de quelque nature que ce soit.