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La longévité des voiles de dacron

Durant l’été, on m’a souvent posé la question : combien de temps cette voile va-t-elle durer? J’ai souvent eu l’envie de répondre... ”je ne sais pas...!” Et pourtant, il y a sur ce point matière à apprendre quelque chose.

Distinguons d’abord ce que j’appellerais les facteurs subjectifs des autres: un enfant “brise-fer” va désarticuler un jouet neuf en vingt minutes alors que ce dernier durera des années dans les mains d’un autre... Moralité: essayons de soigner nos voiles, les plier en fin de saison, ne pas laisser un génois pour enrouleur sans pare-soleil, ni de grand-voile sans taud, l’abc, quoi.

Parmi les facteurs plus objectifs, une voile de dacron va vieillir pour diverses causes , qui tiennent pour la plupart à la nature du matériau utilisé et aux “contraintes” qu’il subit.

Exemples:

- le soleil brûle tissu et fil
- l’eau de mer oxyde l’accastillage de la voile et les résines qui imprègnent le tissu.
- le tissage des fils de polyester se déforme sous l’effet des tractions que subit la voile (au vent arrière, une grand-voile de 200 pieds carrés subit une pression de 320 livres/pied carré par vingt noeuds de vent.

Devant ces contraintes, les choix à faire par le fabricant de voile sont de première importance. Orienté vers l’économie, il choisira des tissus plus légers, moins serrés, des renforts moins soignés, des goussets de lattes plus simples. Orientés vers le haut de gamme, les grammages sont respectés, les renforts surdimensionnés, le fil a reçu une protection UV, toute la finition reflète la qualité. Ces deux voiles vieilliront très différemment!

A la limite, toutes deux finiront pas déchirer, l’une après dix ans d’usage modéré, l’autre après vingt ans d’usage intensif ! Nos voitures en sont un bon exemple, mais nos voitures... on les voit vieillir: rouille, pneus, freins, batterie, etc. Il est vrai que sans expérience, il est très difficile de “voir” vieillir une voile: un beau jour, elle se déchire du guindant à la chute!

Les gens de régates savent une chose: après quelques saisons, leur voile ne remonte plus au près,car c’est au près qu’une voile doit absolument montrer ses qualités aérodynamiques. Le voilier, à la fabrication, a décidé d’un rapport de creux et de la place de ce creux. Pour simplifier (car il y a plusieurs rapports de creux dans une même voile, si on les mesure au quart, à la moitié ou aux trois-quarts de la hauteur):

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le creux choisi (ici 1:10) se trouve “en avant du milieu de la voile”, c’est-à-dire à 45 % de la distance guindant-chute. Malheureusement, avec l’usage, les tractions, la pression du vent, les contraintes qui agissent dans tous les sens du tissu, ce creux va augmenter et reculer:

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Le vent qui entre dans la voile va devenir turbulent; il aura tendance à y rester trop longtemps, ce qui fera gîter le bateau, qui va, de plus, perdre plusieurs degrés au vent.

Avec un peu d’habitude, on peut localiser ce creux en regardant attentivement les coutures qui traversent la voile, mais le plus simple est de faire poser une ou deux bandes de profil de couleur, qui permettront d’un simple coup d’oeil de “voir” ce creux, et, le cas échéant, d’en corriger la profondeur (en aplatissant la voile à l’aide du ris de fond), ou de l’avancer (à l’aide du cunningham).

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Si la déformation du tissu a atteint un point de non retour, ces manoeuvres n’auront plus d’effet. C’est alors que certains plaisanciers parleront d’une voile “finie”, ou d’une voile déformée sans remède. A noter que cette même voile pourra rendre encore d’excellents services par très petit temps, ou aux allures plus arrivées que le près!

 
Informations

Atelier:
13 890, rue des Bouleaux
MIRABEL, J7N 3E9
tél. : (450) 475-0026
Adresse électronique: voiles.sud @ videotron.ca 

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