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Les Grand-voiles “pleines lattes”

C’est sous l’influence de l’arrivée sur le marché des premiers multicoques que les voileries ont commencé à installer des grand-voiles “pleines lattes”, appelées en chinois “fullbatten”. Ces bateaux présentaient des grand-voiles avec un rond de chute si impressionnant que seule la présence de 6 ou 8 longues lattes pouvaient la soutenir.

Sur les voiliers de croisière, la présence de grand-voiles pleines lattes ne fait toujours pas l’unanimité: certains y voient une complication indue, présence de lattes qui peuvent se briser, obligation parfois d’installer un “lazy-jack” pour affaler en toute sécurité. De plus, il est rarement vrai qu’on puisse augmenter la surface de la voile grâce aux pleines lattes: la présence du pataras limite l’extension de la chute vers l’arrière.

La meilleure analyse comparant les deux types de grand-voile a été faite par la revue Loisirs Nautiques, dans un numéro de 1996. On a pris deux mêmes bateaux, deux équipages équivalents par deux journées d’essai pareilles, l’un équipé d’une grand-voile traditionnelle, l’autre d’une voile pleines lattes venues du même atelier. Le résumé de l’essai est troublant: seul avantage réél d’une grand-voile lattée est... son silence! Les essayeurs ont été impressionnés par le silence total de leur grand-voile à la manoeuvre, pas de fasseyage, tenue très stable du profil dans toutes les conditions. Ils concèdent aussi un très léger avantage à la voile lattée par petit temps, aux allures portantes. Par ailleurs, les mêmes essayeurs admettent plusieurs points qui n’ont rien à voir avec la performance:

- la surface de la voile étant divisées en cinq panneaux (par 4 lattes), on peut penser que les tensions imposées au tissu dans le biais sont elles aussi réduites, par conséquent: meilleure longévité.

- ce qui précède permet à la voilerie le choix d’un grammage un peu plus léger que pour une voile traditionnelle. (Argument annulé, à mon avis, par le poids des lattes elles-mêmes)

Il semble bien que ce choix, à l’achat d’une voile neuve, soit donc une affaire de goût qui n’implique pas de différence majeure en termes de performances.

Par contre, on me demande souvent s’il vaut la peine d’installer des pleines lattes sur une grand-voile usagée afin de lui redonner une sorte de “seconde jeunesse”... Encore une fois: oui et non! Oui, si la voile est encore en bon état et si on connaît les inconvénients: pose éventuelle d’un “lazy-jack” pour les grandes surfaces, points de ragage vent arrière à la hauteur des haubans, etc. Oui, si on installe deux pleines lattes en tête seulement (les inconvénients notés plus haut deviennent négligeables). Non si la voile a fait son temps, si le creux est exagéré et reculé, si l’ensemble demandera de toutes manières des réparations importantes.

Comme très souvent dans nos choix nautiques, qu’il s’agisse de choix d’un bateau, d’un enrouleur, d’un dodger ou autre, c’est de compromis qu’il faut parler. Ma grand’tante avait raison: ”Y a pas de miracle!”

 
Informations

Atelier:
13 890, rue des Bouleaux
MIRABEL, J7N 3E9
tél. : (450) 475-0026
Adresse électronique: voiles.sud @ videotron.ca 

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