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L’achat de nouvelles voiles
(réflexions d’un voilier)

Si le temps s’en vient pour vous de penser à acheter une ou des voiles, vous pouvez faire une bonne affaire en prenant le temps qu’il faut.

Début septembre est la meilleure période pour y penser: vous avez encore en tête l’état et le comportement de vos vieilles voiles, rien ne vous presse pour magasiner, vous obtiendrez un meilleur prix qu’à la dernière minute.

Au cours des vingt dernières années, j’ai vendu beaucoup de voiles à beaucoup de gens qui vous ressemblent, et j’ai appris autant en ne leur vendant rien, qu’en leur procurant ce qu’ils cherchaient. Une des permières choses à prendre en considération, c’est que le «maître-voilier» est un commerçant - il en est de bons et aussi de mauvais – intéressé à faire une vente, et aussi intéressé à «fidéliser» son client.

Peu de voiliers sont intéressés à vendre une voile à quelqu’un qui demande seulement un prix. Si vous souhaitez trouver ce qui convient à votre bateau, c’est à vous de faire le premier effort: celui de poser des questions. Accorder le support technique que le client mérite, répondre à ses questions, établir un devis détaillé demande beaucoup de temps et nous aimons penser que cet effort sera récompensé par une transaction.

a) Dimensions

Il est possible que vous disposiez vous-même d’informations concernant vos voiles et leur surface.

Pour les bateaux récents, elle proviennent des documents qui accompagnaient le bateau à sa sortie d’usine. Elles peuvent provenir d’ailleurs, de vos recherches personnelles, de données glanées ici et là. Il est possible que vous possédiez le plan de voilure du bateau, et qu’il donne les surfaces des voiles recherchées.

Les voileries collectionnent elles aussi toutes les données utiles, en tiennent des dossiers venus de fabrications antérieures, ou rassemblés grâce aux publications des fabricants, des fédérations ou des groupements dont la tâche est de les publier.

Ces données sont connues sous «dimensions des gréements», et il est souhaitable que le plaisancier fasse le modeste effort de les connaître.

La plupart des voiles des bateaux modernes sont construites sur la base de dimensions de gréement suivantes:

I = jonction mât/étai jusqu’au pont du bateau

J = jonction étai/pont jusqu’à la face avant du mât

(I’ et J’ si un bas étai est installé)

P = poulie de drisse de grand-voile jusqu’au-dessus de la bôme

E = longueur sur la bôme de la bordure de la grand-voile (et non longueur de la bôme)

(P’ et E’ pour l’artimon)

Mais attention… ces dimensions nécessitent d’être validées. Trop de choses ont pu se passer entre dimensions théoriques et la réalité:

- les constructeurs ont souvent changé leurs dimensions en cours de fabrication.

- mât et bôme ont pu être changés par les proprios précédents, à la suite d’un accident.

- les bateaux «custom» ont souvent des dimensions inconnues, etc.

Cette validation consistera souvent pour le client à mesurer lui-même son gréement, ou de le faire mesurer par celui qui fabriquera ses voiles, car ce n’est qu’à partir de mesures validées que le maître-voilier prendra la responsabilité de construire une voile

b) Quelle voile?

Peu de plaisanciers sont au courant des technologies ayant trait aux différents tissus, ni même aux différents accessoires que devra comporter la voile à commander.

Si des expressions comme rond de chute, ou cunningham, ou bordure rapportée, ou encore rattrapeur de creux vous sont inconnues, demandez-en le sens au maître-voilier. C’est lui et vous qui décideront si la voile doit avoir trois bandes de ris, des coulisseaux montées sur jack-line, si votre génois sur enrouleur doit être un 150% ou un 135%.

La meilleure question que puisse poser le voilier à son client est: «Quel est le programme de navigation du bateau dans les cinq ans à venir?». Votre réponse sera pleine d’enseignements pour lui.

Pensez-y: il est différent d’équiper un bateau qui fait des sorties familiales sur un plan d’eau protégé, de celui qui navigue dans le bas du fleuve par tous les temps, ou encore de celui qui régate trois fois par semaine avec un équipage de gros bras…

Si votre voilier vous donne l’impression qu’il perd son temps à vous expliquer les choses, trouvez-en un autre. Si votre voilier vous donne l’impression qu’il n’accepte pas les questions, trouvez-en un autre.

Malgré certains aspects hautement technologiques (logiciels, tissus aux noms barbares, termes hors du langage courant), la voilerie reste un artisanat, où l’objet fabriqué doit convenir aux caractéristiques du bateau et au programme du client.

c) À quel prix?

Achetons une voiture, une maison, un ordinateur…: on nous offrira tous les prix! Achetez une voile: vous risquez de faire la même expérience! Devant cette difficulté, une attitude semble valable: demandez au moins deux ou trois prix. Et surtout, cherchez à savoir sur quels arguments s’articulent les différents prix obtenus.

Le prix d’une voile est basé sur les éléments suivants:

- le prix de la main d’œuvre

- le prix des matériaux utilisés

- les frais fixes de l’entreprise

- le bénéfice souhaité par l’entreprise.

Prenons par exemple un renfort de point d’écoute de génois: construit en 4 épaisseurssuperposées de tissu divers et d’un œil #5 posé au marteau, il est confectionné en 12 minutes et revient à huit dollars.

Le même renfort, construit de manière radiale avec autant de droit fil qu’il faut pour obtenir une épaisseur de 60 onces, coupé à chaud, avec un œil pressé à 12 tonnes sera confectionné en 40 minutes et revient à trente-deux dollars. Une grand-voile comprend environ vingt endroits précis où de tels choix sont faits:

Coulisseaux cousus à la main? Renforts de cuir aux points de ragage? Têtière en aluminium ou en plastique? Ralingue de polyester ou de polypropylène? Goussets de latte posés sur renfort ou sur la voile elle-même? Deux coutures d’assemblage ou trois? Fil avec protection UV ou non, etc.

Autre exemple: une voile confectionnée entièrement au Canada coûtera en main-d’œuvre (taxes et assurances comprises) un montant bien différent de la même voile fabriquée en Asie.

Un dernier exemple: les frais de publicité d’une multinationale, présente dans toutes les revues nautiques, incluant la présence d’une équipe d’essayeurs en compétition ne sont pas comparables à ceux d’une entreprise locale.

Il me semble, par conséquent, du «devoir de citoyen» de l’acheteur de magasiner, tout en faisant entrer d’autres variablels dans votre décision:

- le voilier se rendra-t-il sur le bateau pour valider les dimensions?

- pouvez-vous obtenir une liste de clients à contacter?

- qu’arrive-t-il en cas de problème ou d’erreur de mesures?

- … et le service après-vente?

- la voile sera-t-elle livrée par lui sur le bateau, avec un essai si possible?

- les voiles reçoivent-elles une garantie quelconque?

Les «grand noms» de la voilerie ne peuvent pas se permettre, on l’a dit pas ailleurs, de se tirer dans le pied et de mettre sur le marché de la plaisance (où tout le monde connaît tout le monde…) un produit de mauvaise qualité. Le nom qu’ils portent leur permet de prétendre à des prix supérieurs, qui sont la plupart du temps justifiés.

Les voiliers locaux eux non plus, ne peuvent pas se permettre beaucoup d’erreurs: une réputation est vite perdue sur les pontons de la marina!

S’ils ne peuvent pas se prévaloir de la réputation des grands, ils devront savoir personnaliser leur produit, et rassurer le client par une présence de tous les instants durant la transaction.

 
Informations

Atelier:
13 890, rue des Bouleaux
MIRABEL, J7N 3E9
tél. : (450) 475-0026
Adresse électronique: voiles.sud @ videotron.ca 

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