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L'équilibre sous voiles Qu'entend-on par "équilibre sous voiles"? Ce sont les mesures qu'on prend pour que le bateau soit équilibré, c'est-à-dire manoeuvrant, sécuritaire et confortable, quelles que soient les conditions dans lesquelles on sort. Attention: nous ne parlerons pas de sortir par Force 10 et une mer démontée! Nous ne parlerons pas non plus des dériveurs, dont l'équilibre est très particulier, mais simplement de nos voiliers de croisière, disons entre 18 et 30 pieds, dans des conditions qu'on rencontre sur nos lacs, incluant le fleuve. Equilibrer le bateau, on l'a dit,c'est faire en sorte qu'il restemanoeuvrant, sécuritaire et confortable. Evidemment, le problème se pose quand le vent forcit, et que les conditions deviennent plus difficiles. Petit exemple: j'ai promis une sortie à des amis, mais il vente un peu trop à mon goût. Réponse: je vais sortir avec le génois seul. Oui... mais!... c'est à ce moment que je déséquilibre mon bateau avec trois conséquences possibles à venir: a) j'affaiblis mon gréement, car le mât travaille d'un seul côté. b) je ne peux plus faire de près serré c) je vais "manquer à virer" si je ne prends pas des précautions spéciales. En fait, l'équilibre sous voiles se sent à la barre: si elle est douce, le bateau docile, la gîte modérée, l'équilibre est bon. Si la barre est dure, au point qu'il faut la tenir à deux mains, si le bateau prend des coups de gîte et veut absolument remonter dans le vent, l'équilibre est précaire. Il deviendra franchement inquiétant quand le bateau partira au lof en se couchant, pour finir voiles battantes et nez dans le vent (non manoeuvrant). Quoi faire? Réduire la toile, évidemment. (Un voilier sous deux bandes de ris et petit foc ressemble à une voiture qui grimpe une côte en 2e vitesse. Qui donc resterait en 5e ?) Comment? Réduire quoi? Jusqu'où? Première vieille règle apprise aux débutants: "la grand-voile fait lofer, le foc fait abattre". Imaginons un petit vent de travers: sans grand-voile, le bateau abat, puisque la force vélique agit en avant du mât. Sans foc, le bateau loffe, puisque la force vélique agit en arrière du mât. Grâce à cette vieille règle, on rentre au port sans gouvernail en dériveur.
Deuxième information importante: les voiliers gréés en tête ont souvent une petite grand-voile et un grand génois, tandis que ceux gréés aux 7/8 ont une grande grand-voile et un plus petit génois. Peut-on parler de "traction avant" pour les premiers et de "traction arrière" pour les seconds? Troisième élément qui va compliquer les choses: un bateau gîté va chercher à remonter au vent, plus encore un bateau large , encore plus un bateau à bouchains vifs.
Conclusion: d'abord savoir à quel bateau on a à faire, et... réduire en conséquence! Si le bateau "marche à la grand-voile", c'est elle qu'il faudra ariser d'abord. Si le bateau "avance au génois", il faudra le changer pour le foc, ou l'enrouler. Il n'y a pas de règle applicable à tous les voiliers. Avec les uns, on prend d'abord un ris, puis on commence à enrouler le génois (ou on le change pour le foc). Avec un autre, on enroule sérieusement le génois avant de toucher au ris. L'idée, c'est de faire en sorte que le bateau gîte moins, et que la barre redevienne douce. Le meilleur exemple qui me vienne pour illustrer l'équilibre est mon Figaro 17 pieds, que j'ai pris en photo par vingt noeuds de vent, à partir d'un Zodiac, avec deux ris dans la grand-voile et tourmentin, au près, personne dans le bateau ! Il gardait son cap sans broncher, sur le Lac St-François. Dernière note du maître-voilier...: des voiles trop creuses et fatiguées font gîter le bateau. Il faut aussi en tenir compte dans la recherche de l'équilibre: de telles voiles demanderont à être réduites bien avant celles qui ont gardé leur profil et leur forme.
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