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Mauvais temps Essayons d'examiner le "mauvais temps" sous l'aspect des voiles et du gréement dans deux situations différentes, en parlant de nos bateaux de 16 à 35 pieds (sauf dériveurs, bien entendu): a) sur nos lacs b) plus loin... dans le Fleuve et en mer. Sur nos lacs, deux choix: rentrer à la maison au plus vite au moteur, avant que les choses se gâtent. Rester sur l'eau parce qu'on aime ça, ou qu'on y est obligé pour une raison ou une autre. De toutes manières, sur nos lacs, l'aventure ne dure au plus que quelques heures avant de se retrouver à la marina. Rester sur l'eau quand le vent monte implique qu'on porte la voile du temps. Plus le bateau est petit (16 à 25 pieds), plus on doit être en mesure de diminuer la surface de voile. Un Figaro 17 sous deux ris et tourmentin se manoeuvre comme un charme par Force 6. Pour les voiles d'avant, un foc à ris peut éviter l'emploi d'un tourmentin, quoique ce dernier fasse un meilleur travail. Se souvenir qu'un génois enroulé aux trois-quarts n'aura jamais les mêmes performances qu'une voile sur mousquetons, mais permettra quand même, sauf au près serré, de faire route par mauvais temps. Deux bandes de ris sur la grand-voile sont essentielles si on tient à rester dehors. Les bossses de ris doivent être à poste, et la manoeuvre qui consiste à prendre un ris rapidement et en sécurité doit impérativement avoir été répétée plusieurs fois. On ne le dira jamais assez: Prenez un ris au moment où l'idée vous traverse l'esprit! Il est bon de suggérer qu'en cas de doute, il est plus facile de prendre un ris (ou deux) au départ, quitte à les larguer en route.
Plus loin dans le Fleuve, ou en mer... les conditions sont différentes: - les bateaux sont plus gros, tiennent le gros temps très différemment, mais les distances à couvrir sont beaucoup plus longues, ainsi que le temps à passer dans des conditions difficiles. - de plus, en général, les enrouleurs sont partout, les grand-voiles sont toutes équipées d'au moins deux bandes de ris. Et pourtant... quand les choses se gâtent, c'est souvent pour de bon! Côté grand-voile, un troisième ris est suggéré, mais aussi les manoeuvres pour prendre ce troisième ris. En effet, quand le deuxième ris est à poste, ce n'est pas le temps de se demander comment on va goupiller le troisième. Une nouvelles fois, cette installation doit avoir été répétée souvent avant de se trouver "dans le jus". Côté voile d'avant, c'est là que tous se complique! Un génois enroulé aux trois-quarts n'est pas une voile de gros mauvais temps. Quelles solutions? Il y en a peu: - une trinquette (ou tourmentin) sur mousquetons installée sur un étai largable. - un tourmentin par-dessus l'enrouleur.
La première formule est certainement celle qui permet qui permet de porter "la voile du temps" dans les conditions les plus simples: 1) enrouler
le génois, en assurant les écoutes et le tambour Avantages: la trinquette est plate, donc travaille bien, le centre de voilure est reculé vers le centre du bateau, tout le gréement travaille facilement, le bateau se contrôle mieux. Cette formule bas-étai largable + trinquette sur mousquetons demande par contre beaucoup d'attention et de travail (+ les dépenses) pour être réalisée correctement: installation d'une cadène d'étai largable sur le pont reprise dans une cloison de structure, dépense d'un croc-pélican si possible sur ridoir pour assurer la tenue et la tension du nouvel étai, installation de bastaques si le bas-étai ne monte pas en tête de mât, installation de poulies + cadènes sur le pont pour les nouvelles écoutes, achat d'une trinquette en tissu lourd, etc. La formule du tourmentin par-dessus l'enrouleur semble simplifier tout cela, mais ici encore il faudra y réfléchir à deux fois, essayer le tourmentin dans différentes forces de vent. Quelques points de ce système à noter: a)difficulté de bloquer les écoutes au pied de
l'enrouleur enroulé. Par contre, malgré le prix élevé du tourmentin lui-même, cette solution est meilleur marché et plus simple à réaliser que l'autre. Les questions de conduite du bateau par gros temps, mise à la cape, traînards, etc. n'étant pas de notre domaine, nous nous sommes limités à la question des voiles. Il est à souligner que, pour des conditions difficiles, le gréement lui-même doit avoir subi toutes les vérifications nécessaires.
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