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Visite à Hong Kong Sailmakers
Voiles Sud a commencé à établir des relations commerciales avec Hong Kong Sailmakers en août 1966. Un premier essai concluant m'a convaincu du sérieux de produit fabriqué. Mes doutes quant à la provenance du tissu de dacron utilisé à Hong Kong (la partie la plus importante d'une voile) ont été immédiatement effacés après que j'aie pris contact avec les gens de Challenge, de Bainbridge et de Contender, avec lesquels je travaillais depuis vingt ans, aux USA: les tissus, ainsi que tout l'accastillage des voiles venaient bien des meilleurs fournisseurs de tissus au monde. Nous avons ainsi commencé à mettre sur le marché des voiles de très belle qualité, à des prix sans concurrence. La dernière questions que je me posais concernait les conditions dans lesquelles mes voiles étaient fabriquées. Tout le monde avait en tête les histoires d'horreur où les objets sportifs (chaussures, ballons de foot, etc) étaient fabriquées par des enfants, ou des jeunes filles attachées à leur machine à coudre. J'ai décidé d'aller y voir par moi-même. En décembre 2000, je me suis rendu à Hong Kong, passer dix jours à mes frais. Ce qui j'ai vu m'a totalement étonné: situé à environ une heure d'autobus de la ville, à l'intérieur de ce que les gens de là-bas appellent Les Territoires, l'atelier de 19 000 pieds carrés est un immense étage éclairé de fenêtres partout, équipé d'une trentaine de machine à coudre allemandes et surtout habité par environ 25 jeunes, garçons et filles sous la direction d'une contremaîtresse d'une trentaine d'années qui, je l'ai immédiatement vu, connaît son métier. A l'arrivée du "visiteur américain" et du Directeur de l'entreprise, aucun show-off: quelques sourires et signes de tête, tout le monde continue son ouvrage. Au fond de l'atelier, une longue table avec du thé, de l'eau, de la limonade où chacun va se servir à sa guise. Cet accueil m'a assez plu qu'après quelques minutes, et avec l'aide d'un interprète, je travaillais parmi ces gens avec de grands éclats de rire, indiquant un truc qui me semblait valable, posant des questions ou aidant à régler une machine à coudre récalcitrante. Je n'ai évidemment pas pu parler salaires, politesse oblige. J'ai tout de même appris que ces employés, travaillant dans un milieu qu'on ne trouve pas partout à Montréal, avaient passé, pour venir travailler, de la bicyclette au vélomoteur, le parking en témoignait. Je suis rentré à Mirabel avec les réponses aux questions que je m'étais posées.
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